
Pour moi, le corps masculin est une source d’inspiration inépuisable. J’y vois non seulement la force musculaire et les proportions, mais aussi une beauté qui oscille entre force et vulnérabilité. Lorsque je regarde le modèle dans le système de pluie du studio à travers mon Nikon, il s’agit pour moi de capturer ce moment où un corps raconte plus que de simples entraînements ou de la jeunesse : il devient une surface de projection pour le désir, la sensualité et l’imagination.
L’eau est pour moi une alliée. Elle souligne chaque ligne, se pose comme un film brillant sur la peau et transforme une pose en quelque chose de vivant. J’aime le moment où des gouttes coulent lentement sur la poitrine ou le ventre du modèle, car c’est précisément à ce moment-là qu’une tension se crée, qui est plus que de la simple physicalité : elle devient presque intime.
Avec d’autres photographes, dont Niels Brähler et Barbara Frommann, et bien sûr en puisant dans le fonds presque inépuisable d’accessoires, je réalise mes idées et mets en scène des modèles comme Jinthe Martens, Shawn Lambrecht, Windy Martanto ou Daniel Heinrichs.
Eau et transparence
Les vêtements transparents contribuent également à accroître la fascination d’un shooting photo sous la pluie. Lorsque les tissus sont mouillés, ils collent au corps du modèle et laissent apparaître des silhouettes qui resteraient sinon cachées. C’est un jeu qui ne cesse de me séduire : ne rien montrer complètement, mais suggérer suffisamment pour que le regard reste captivé.
Mon travail avec de jeunes hommes bien bâtis est un dialogue. J’observe comment ils bougent devant la caméra, comment ils dégagent de la force tout en laissant transparaître des moments d’ouverture. C’est précisément dans ce mélange – puissant et pourtant tendre, présent et pourtant vulnérable – que réside pour moi l’essence de l’érotisme masculin.
Chaque image est pour moi aussi une invitation : à regarder, à regarder de plus près, et à ne pas percevoir le corps uniquement comme une surface, mais comme quelque chose qui raconte des histoires. L’eau, la transparence, la peau – tout cela est pour moi un moyen de rendre visible ce qui reste en réalité invisible : la poésie dans le corps masculin.